Nebaj

Santa María Nebaj est une petite ville perdue au milieu du département du Quiché. Ses infrastructures, ses habitants et ses sites cérémoniels rendent hommage à l’histoire du peuple Ixil. C’est l’endroit idéal pour découvrir leur quotidien, leur culture et leurs rites ancestraux. Aux alentours de la ville, on peut découvrir les maisons de campagne, les fermes, les plantations de maïs et la nature verdoyante qui font la célébrité de la région du Triángulo Ixil.

Histoire

Plusieurs siècles avant notre ère, toute la région était peuplée par les Mayas Ixiles. Cette glorieuse tribu avait établi plusieurs villes dans les environs. Chaque localité était centrée sur un autel où le peuple rendait hommage aux dieux par des sacrifices. Plusieurs stèles et des pyramides étaient érigées près des lieux de culte. Les cultures de maïs entouraient des cités nichées au cœur de la végétation.

Les Ixiles avaient gravé une partie de leur culture et de leur histoire sur des plaques de jade. Ils commerçaient avec les tribus aux alentours et bien au-delà des frontières de leur territoire. Ils échangeaient ainsi des denrées avec les Mayas du Chiapas, du Petén, et même des hauts plateaux du Guatemala.

L’éloignement de cette région et ses hauts-reliefs avaient retardé la colonisation de cette partie du Guatemala. Les Mayas furent surpris par la conquête de la partie ouest de la chaîne de montagnes de Sierra de los Cuchumatanes. Ils durent ainsi se retrancher du côté est. L’actuelle ville de Nebaj fut d’ailleurs temporairement conquise par l’envahisseur.

Les Espagnols voulurent conquérir l’intégralité de la région en 1529. Le conquistador Gaspar Arias mobilisa à cet effet 60 soldats et 300 guerriers autochtones qui s’étaient ralliés à la Couronne d’Espagne. Mais ils tombèrent dans une embuscade où 2 000 Ixiles et Uspantecs les attendaient de pied ferme. Ils furent ainsi repoussés par les Mayas et durent subir plusieurs attaques de la part des locaux.

Une nouvelle expédition de "pacification" fut organisée en 1530. Elle fut menée par Francisco de Castellanos. Ce dernier emmena avec lui huit caporaux, 32 hommes à cheval, 40 soldats armés de fusils et plusieurs centaines de guerriers Indigènes. Ils se heurtèrent à 5 000 Ixiles. La résistance fut toutefois écrasée grâce aux "bâtons qui crachent du feu" et à l’habileté au combat des alliés amérindiens. Les survivants du massacre furent sévèrement punis pour leur rébellion, puis ils furent réduits à l’esclavage.

Cette partie du Guatemala tomba au fil des années entre les mains de prêtres dominicains, de l’administration coloniale, puis des riches propriétaires fonciers. Après l’indépendance du pays, elle devint une région consacrée à l’agriculture, la fameuse Franja Transversal del Norte.

Dans les années 1980, la population de Nebaj a souffert de la guerre civile qui opposait l’armée aux guérilleros. Les épreuves qu’ils durent endurer au cours de cette période ont réellement marqué les Ixiles. Même de nos jours, le souvenir de ces moments ravive une plaie qui semble encore vive dans la mémoire des habitants.

Nebaj aujourd’hui

La petite ville de Nebaj semble avoir conservé très peu d’infrastructures coloniales. La plupart de ses bâtiments sont récents, de taille moyenne. Des voitures et des tuk-tuks parcourent fréquemment ses rues étroites et goudronnées.

Les bus régionaux stationnent généralement au Terminal de Buses, la gare routière de la ville. Là, quelques tuk-tuks, des camionnettes et des Jeep proposent de découvrir les environs de Nebaj. Tout près, on peut observer l’El Mercado, le marché. On y trouve un peu de tout, même quelques objets-souvenirs.

Plus loin, le Parque Central attire la plupart des touristes venus de la gare routière. Un beau jardin a été aménagé sur la fameuse place principale de ville. L’Iglesia de Nebaj se tient à l’extrémité sud de cet emplacement. La vieille église de style colonial est la carte postale de la localité. Du haut de son escalier, on a une vue d’ensemble son espace vert ainsi de la Municipalidad, la mairie.

Les différents quartiers de la ville se ressemblent : des lieux d’habitation récents, des routes étroites et des arbres à chaque coin de rue. Il faut tout de même prendre le temps d’apprécier la culture locale, admirer les habits traditionnels portés par certaines femmes de la région et visiter le Centro Cultural Kumool. Ce musée emblématique de Nebaj expose quelques pièces de céramiques ainsi que des outils découverts dans les sites archéologiques des environs. Accompagné d’un bon guide, on peut en apprendre beaucoup sur les Ixiles, leurs anciennes cités et leurs pratiques d’antan.

Les environs de Nebaj

Une petite randonnée dans les environs de la ville permet de découvrir la vie rurale des Guatémaltèques. Avec un bon guide, cela se transforme très vite en véritable bain de culture. Mis à part les champs de maïs et de haricots rouges, la verdure à perte de vue, les impressionnantes montagnes environnantes, il ne faut surtout pas omettre de visiter quelques sites sacrés où les Ixiles pratiquent des rites mêlant catholicisme et cérémonies ancestraux.

Le plus important d’entre eux est sans doute le Xe’vak. Il s’agit de l’emplacement d’une ancienne cité maya. Cette dernière a laissé très peu de vestiges, mais les Ixiles continuent de le considérer comme un site sacré. Ils ont érigé un chalet au sommet de son monticule perdu au milieu de la végétation. Généralement, ils y allument un feu, offrent parfois des offrandes et y adressent quelques prières.

Plus loin, le site de Vi’k’uyi’ attire tout autant de locaux. Au pied de son arbre, un autel a été adressé par les Ixiles. Plusieurs femmes viennent y prier certains jours. Le guide explique alors qu’il s’agit des sages-femmes ou des futures mères des environs. Elles viennent prier pour que leurs accouchements se déroulent sans encombre.

Toujours dans cette partie de la campagne, on peut aller observer certains rites à Xo’lch’axb’aatz’ où la population invoque les esprits des défunts. Pour demander de l’intelligence pour leurs enfants, les parents vont prier au pied des arbres du Vi’ Chaapa Vitz.

Le climat

Santa María Nebaj baigne dans un climat plutôt tempéré. Là-bas, la température varie entre 8°C et 22°C. La saison des pluies débute en avril pour se terminer en fin-novembre. Les averses sont moins fréquentes entre décembre et mars.

Comment y aller ?

Nebaj se situe à 254 kilomètres de Ciudad de Guatemala. Pour vous y rendre, vous devez d’abord vous diriger Santa Cruz del Quiché, la capitale du département. Depuis sa gare routière, vous pourrez trouver quelques compagnies de bus qui desservent Santa María Nebaj. Le voyage depuis Santa Cruz dure environ trois à quatre heures sur 90 kilomètres de route goudronnée. Le déplacement devrait coûter dans les 30 à 50 quetzals.

Si vous vous trouvez plutôt dans le département de Huehuetenango, vous devez vous rendre à Sacapulas. Puis de là, vous pourrez vous rendre à Nebaj.

Comment se déplacer dans la ville ?

Pour parcourir les rues de la ville, il vous suffit de héler un tuk-tuk. Pour les sites plus éloignés, vous pourrez prendre un bus, une Jeep, et même une camionnette près de la gare routière. Il vaut mieux être accompagné d’un guide local si vous comptez explorer les environs.

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