
Eglise Saint Thomas
Eglise Saint Thomas
Sur la place du marché de Chichicastenango, l'église Saint-Thomas mêle architecture coloniale du XVIIe siècle et rites mayas k'iche' encore vivants.
Sur la place du marché de Chichicastenango, l'église Saint-Thomas (Santo Tomás) se reconnaît à sa façade blanchie à la chaux et à son escalier où monte la fumée du copal. Édifice catholique fondé au XVIe siècle, elle est devenue l'un des lieux les plus emblématiques du syncrétisme religieux maya-catholique au Guatemala. Les prêtres mayas k'iche' (les chuchkajaues) y perpétuent leurs rituels en brûlant encens et bougies, sur les marches comme à l'intérieur, aux côtés des fidèles catholiques.
Pourquoi visiter l'église Saint-Thomas
Peu de monuments illustrent aussi clairement la rencontre entre les traditions précolombiennes et le catholicisme colonial. L'église n'est pas seulement un édifice à visiter : c'est un lieu de culte vivant où, plusieurs fois par jour, des familles k'iche' font brûler offrandes et chandelles selon un calendrier rituel hérité de l'époque préhispanique.
L'intérêt est triple : architectural (voûtes coloniales, retable baroque doré), spirituel (rites maya-catholiques observables) et urbain, puisque l'édifice domine le marché de Chichicastenango, l'un des plus animés des hautes terres guatémaltèques.
Histoire de Santo Tomás
L'église a été fondée vers le milieu du XVIe siècle par les missionnaires dominicains envoyés évangéliser la région k'iche', peu après la conquête espagnole du Guatemala (1524). Le bâtiment dédié à l'apôtre Thomas, après plusieurs phases de chantier, est inauguré en 1607.
La tour est frappée par un éclair en 1717, ce qui entraîne une série de réparations. L'édifice traverse les siècles sans perdre sa fonction de lieu de culte, et reste le siège des confréries (cofradías) qui structurent la vie religieuse locale. En 1931, l'église est classée monument historique et artistique national.
Fait notable : Santo Tomás abrita longtemps un manuscrit du Popol Vuh, livre sacré des K'iche', recopié au début du XVIIIe siècle par le frère dominicain Francisco Ximénez à partir d'une version k'iche' confiée par les habitants.
Que voir sur place
L'escalier des dix-huit marches
L'accès au parvis se fait par un escalier de dix-huit marches, chacune associée à l'un des dix-huit mois de vingt jours du calendrier solaire maya (le haab'). C'est sur ces marches, en particulier les plus hautes, que les chuchkajaues officient en faisant brûler du copal, créant une fumée dense visible de loin.
L'intérieur
Le plan se développe en trois nefs de même hauteur (style église-halle), séparées par des piliers circulaires et cruciformes, avec des voûtes d'ogives en étoile. Le retable principal, en bois doré de facture baroque, se compose de trois sections : Saint Thomas, Saint Joseph et l'Assomption, surmontées au sommet par une statue de Saint Michel.
Derrière le retable, la chapelle de la Solitude conserve des fresques de la Passion et de la Résurrection, une sculpture de La Dolorosa, un Christ gisant dans un cercueil de verre ainsi que des statues de Saint Félix et Saint Matthieu. La nef abrite également un orgue baroque du XVIIe siècle (1 700 tuyaux) surmonté d'une peinture de Sainte Cécile, et une sacristie coiffée d'une coupole à lanterne, où l'on peut voir une toile de La Piedad et une statue de San Roque.
La pierre de Pascual Abaj
À proximité de l'église, la Cofradía de Pascual Abaj conserve une pierre sculptée portant des inscriptions liées au dieu k'iche' Tohil. Le site, en plein air sur une colline voisine, accueille encore aujourd'hui des cérémonies mayas et constitue un complément naturel à la visite.
Informations pratiques
- Tarif : entrée libre dans l'église ; donations bienvenues.
- Durée de visite : comptez 30 à 45 minutes pour l'intérieur, davantage si vous restez observer les rituels sur les marches.
- Photographie : photographier les officiants k'iche' et les rites en cours est mal vu et souvent interdit. Demandez systématiquement l'autorisation, et abstenez-vous à l'intérieur.
- Tenue : tenue correcte attendue (épaules et genoux couverts).
- Entrée principale : par tradition, la porte centrale est réservée aux cofradías et aux prêtres mayas. Les visiteurs entrent généralement par la porte latérale.
Quand y aller
Le marché de Chichicastenango se tient les jeudis et dimanches : ce sont les jours où l'activité autour de l'église est la plus dense, avec une affluence rituelle marquée le dimanche matin. La fête patronale de Santo Tomás, célébrée autour du 21 décembre, donne lieu à plusieurs jours de processions, danses traditionnelles et rituels — c'est le moment le plus spectaculaire de l'année, mais aussi le plus fréquenté.
Pour une visite plus calme, privilégiez un jour de semaine en dehors du jeudi.
À voir dans les environs
- Le marché de Chichicastenango, qui se déploie sur la place et les rues adjacentes les jours de marché.
- Le sanctuaire en plein air de Pascual Abaj, sur une colline à environ 20 minutes à pied.
- L'église del Calvario, plus modeste, qui fait face à Santo Tomás de l'autre côté de la place.
- Le cimetière coloré de Chichicastenango, à quelques minutes du centre.
Comment s'y rendre
Chichicastenango se situe dans le département du Quiché, à environ 2 h 30 de route de Panajachel (lac Atitlán), 3 h d'Antigua et 3 h de Guatemala City. La majorité des voyageurs s'y rendent en navette touristique partagée depuis Panajachel ou Antigua, particulièrement les jours de marché. Les chicken buses (transports locaux) desservent également la ville depuis Los Encuentros, principal carrefour routier de la région.
Une fois sur place, l'église est au cœur de la ville, à pied depuis n'importe quel point d'arrivée.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Préparer la suite du voyage
Chichicastenango s'inscrit naturellement dans un circuit des hautes terres guatémaltèques, entre le lac Atitlán, Antigua et le pays k'iche'. Pour bâtir un itinéraire sur mesure, consultez nos idées de voyages au Guatemala.
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